PER : comment fonctionne le plan d'épargne retraite en 2026

Déduction des versements, plafonds 2026, sortie en capital ou en rente, cas de déblocage anticipé : le plan d'épargne retraite expliqué simplement.

Publié le 6 octobre 2026 · 10 min de lecture

Le plan d’épargne retraite, ou PER, a une particularité qui le rend à part : chaque euro versé peut faire baisser votre impôt dès cette année. En contrepartie, l’argent reste en principe bloqué jusqu’à la retraite. Ce marché donnant-donnant peut être très avantageux, ou franchement décevant, selon votre niveau d’imposition aujourd’hui et demain. La loi de finances 2026 a par ailleurs modifié plusieurs règles. Voici comment le PER fonctionne, ce qu’il permet de gagner et dans quels cas il vaut mieux s’en passer.

Le principe : épargner pour la retraite, avec un coup de pouce fiscal

Le PER est une enveloppe d’épargne destinée à compléter vos futures pensions. Vous y versez de l’argent quand vous le souhaitez, il est investi sur des supports financiers, et vous le récupérez au moment de la retraite, en une fois, par morceaux ou sous forme de rente.

Il en existe trois formes, regroupées sous le même nom :

  • le PER individuel, que chacun peut ouvrir auprès d’une banque, d’un assureur ou d’une société de gestion ;
  • le PER d’entreprise collectif, proposé à tous les salariés d’une entreprise, qui peut recevoir l’intéressement, la participation et un abondement de l’employeur ;
  • le PER obligatoire, mis en place par certaines entreprises pour une catégorie de salariés.

Ce guide se concentre sur le PER individuel, celui que vous ouvrez de votre propre initiative. Un point pratique : les sommes d’un PER peuvent être transférées vers un autre PER, ce qui permet de changer d’établissement si les frais ou la gestion ne vous conviennent plus.

Ce qu’il y a dans un PER

Comme une assurance-vie, le PER propose plusieurs supports : un fonds euros garanti (sur les PER ouverts auprès d’un assureur), des fonds d’actions ou d’obligations, des ETF, parfois des supports immobiliers. Les règles sont les mêmes que dans notre comparatif fonds euros ou unités de compte : seul le fonds euros garantit le capital, tout le reste peut baisser.

Par défaut, votre épargne est placée en gestion pilotée à horizon. Le principe est simple : quand la retraite est lointaine, l’épargne est investie majoritairement sur des supports dynamiques comme les actions, puis elle est progressivement sécurisée à mesure que l’échéance approche. Vous pouvez choisir une autre orientation (plus prudente, plus dynamique) ou passer en gestion libre.

Cette logique a du sens : sur trente ans, on a le temps de traverser plusieurs crises boursières. À deux ans de la retraite, beaucoup moins. Gardez cependant en tête qu’une perte en capital reste possible sur toute la partie non investie en fonds euros.

L’avantage fiscal à l’entrée

La déduction des versements

Les versements volontaires sur un PER sont, par défaut, déductibles de votre revenu imposable. Si vous versez 3 000 € et que vous êtes imposé dans la tranche à 30 %, votre impôt baisse de 900 €. Dans la tranche à 41 %, l’économie atteint 1 230 €. Dans celle à 11 %, elle n’est que de 330 €.

L’économie dépend donc de votre taux marginal d’imposition (TMI), le taux qui s’applique à la dernière tranche de vos revenus. Si vous n’êtes pas imposable, la déduction ne vous rapporte rien.

Votre tranche marginaleÉconomie d’impôt pour 1 000 € versésCoût réel de 1 000 € versés
0 %0 €1 000 €
11 %110 €890 €
30 %300 €700 €
41 %410 €590 €
45 %450 €550 €

Vous pouvez aussi renoncer à la déduction, versement par versement. C’est rarement intéressant, sauf si vous n’êtes pas imposable : la sortie sera alors moins taxée, comme on le verra plus bas.

Les plafonds de déduction en 2026

La déduction est plafonnée. Pour un salarié, le plafond applicable aux versements de 2026 est égal à 10 % des revenus professionnels de 2025, nets de frais, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. Ces bornes sont calculées à partir du plafond annuel de la sécurité sociale (PASS) de 2025, fixé à 47 100 €. Une personne sans activité professionnelle, ou un retraité, dispose du plancher de 4 710 €.

Votre plafond personnel figure sur votre avis d’impôt, à la rubrique consacrée à l’épargne retraite. Les travailleurs non salariés bénéficient d’un plafond spécifique, plus élevé, calculé sur leur bénéfice.

Bon à savoir : la part de plafond non utilisée une année n’est pas perdue. Elle peut être reportée sur les années suivantes, et la loi de finances 2026 a allongé ce délai de report de trois à cinq ans. Les couples mariés ou pacsés peuvent par ailleurs mutualiser leurs plafonds, ce qui aide quand l’un des deux verse beaucoup plus que l’autre.

Ce qui change à 70 ans

Depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués sur un PER à partir de 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Le PER perd donc son principal attrait pour les épargnants les plus âgés.

L’argent bloqué jusqu’à la retraite

C’est la contrepartie de l’avantage fiscal : en principe, vous ne pouvez récupérer votre épargne qu’à partir de l’âge légal de départ à la retraite, ou lorsque vous liquidez votre pension. Si vous avez 35 ans aujourd’hui, cela représente près de trente ans d’immobilisation.

Les cas de déblocage anticipé

La loi prévoit quelques exceptions, listées par service-public.fr :

  • le décès du conjoint ou du partenaire de Pacs ;
  • l’invalidité du titulaire, de ses enfants, de son conjoint ou de son partenaire de Pacs ;
  • la maladie grave, le handicap ou l’accident grave d’un enfant à charge ;
  • le surendettement, sur demande de la commission de surendettement ;
  • l’expiration des droits au chômage, ou l’absence de mandat social pendant au moins deux ans pour un dirigeant ;
  • la liquidation judiciaire de l’activité d’un travailleur non salarié ;
  • l’achat de la résidence principale.

Dans les « accidents de la vie » (tous les cas sauf l’achat de la résidence principale), la part correspondant à vos versements sort sans impôt sur le revenu, et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux. Pour l’achat de la résidence principale, la fiscalité est la même qu’à la retraite en capital. Les sommes issues des versements obligatoires d’un PER d’entreprise ne peuvent pas servir à acheter sa résidence principale.

En dehors de ces situations, impossible de récupérer son argent avant la retraite. Le PER ne doit donc jamais accueillir votre épargne de précaution ni l’argent d’un projet à moyen terme. Pour cela, l’assurance-vie, disponible à tout moment, est bien plus adaptée.

L’essentiel à retenir Les versements sur un PER réduisent votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond (entre 4 710 € et 37 680 € pour un salarié en 2026). L’économie est d’autant plus forte que votre tranche d’imposition est élevée. En échange, l’argent est bloqué jusqu’à la retraite, sauf cas précis, et il sera imposé à la sortie. Depuis 2026, les versements après 70 ans ne sont plus déductibles.

La sortie : en capital ou en rente

À la retraite, vous choisissez librement : récupérer votre épargne en capital (en une fois ou en plusieurs fois), la convertir en rente versée à vie, ou combiner les deux. Le PER d’entreprise obligatoire fait exception : il se dénoue en principe en rente.

La fiscalité de la sortie en capital

Si vos versements ont été déduits, l’avantage fiscal se paie à la sortie. Le capital correspondant à vos versements est ajouté à vos revenus de l’année et imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu (sans prélèvements sociaux). Les gains, eux, supportent la flat tax de 31,4 %, qui inclut 18,6 % de prélèvements sociaux depuis 2026. Le PER fait en effet partie des placements touchés par la hausse, contrairement à l’assurance-vie. Notre article sur la flat tax détaille ces taux.

Si vous aviez renoncé à la déduction, le capital correspondant à vos versements sort sans impôt, et seuls les gains sont taxés.

Une astuce courante consiste à fractionner la sortie en capital sur plusieurs années, pour éviter que tout votre capital ne s’ajoute à vos revenus la même année et ne vous fasse grimper de tranche.

La fiscalité de la sortie en rente

La rente est imposée comme une pension de retraite, au barème progressif, avec l’abattement de 10 % propre aux pensions. Une fraction de la rente supporte en outre les prélèvements sociaux, fraction d’autant plus faible que vous êtes âgé au moment de la première échéance. La rente apporte un revenu garanti à vie, mais le choix est irréversible : le capital est définitivement converti.

Le PER est-il rentable ? Un exemple chiffré

Prenons Claire, 45 ans, salariée dans la tranche à 30 %. Elle verse 3 000 € par an pendant vingt ans, soit 60 000 €. Grâce à la déduction, elle économise 900 € d’impôt chaque année, 18 000 € au total. Son effort réel n’est donc que de 42 000 €.

Supposons que son épargne prenne 25 000 € de valeur sur la période (une hypothèse, pas une promesse). À la retraite, son capital atteint 85 000 €.

Si, retraitée, Claire se retrouve dans la tranche à 11 %, la réintégration de ses 60 000 € de versements, étalée sur plusieurs années, lui coûtera environ 6 600 € d’impôt. Les 25 000 € de gains supporteront 31,4 % de flat tax, soit 7 850 €. Elle récupère environ 70 550 € nets pour un effort de 42 000 €.

Si elle reste dans la tranche à 30 % à la retraite, l’impôt sur les versements monte à 18 000 €. L’économie réalisée à l’entrée est alors entièrement reprise à la sortie : il ne reste que l’avantage d’avoir fait travailler l’impôt économisé pendant vingt ans.

La leçon est claire : le PER est surtout intéressant quand votre tranche d’imposition baisse à la retraite, ce qui est fréquent puisque les pensions sont généralement inférieures aux salaires. Il l’est beaucoup moins pour les personnes peu ou pas imposées pendant leur vie active.

PER, assurance-vie ou PEA : comment les combiner

Les trois enveloppes ne s’opposent pas, elles se complètent.

Le PER convient aux contribuables imposés à 30 % ou plus, qui ont déjà une épargne de précaution et veulent préparer leur retraite avec un avantage fiscal immédiat. L’assurance-vie apporte la souplesse : l’argent reste disponible, et sa fiscalité devient douce après huit ans. Le PEA est l’outil le plus efficace pour investir en actions sur le long terme, avec des gains exonérés d’impôt sur le revenu après cinq ans, dans la limite de 150 000 € de versements.

Une approche raisonnable consiste à constituer d’abord son épargne de précaution, puis à répartir l’épargne de long terme entre ces enveloppes selon sa fiscalité et son besoin de disponibilité. Pour savoir comment répartir une somme précise selon votre situation, le site Placer Argent propose des pistes concrètes.

Bien choisir son PER

Quelques critères, sans citer de produits :

  • des frais sur versement faibles ou nuls, et des frais de gestion annuels raisonnables, car ils s’appliquent pendant des décennies ;
  • la présence d’un fonds euros si vous voulez sécuriser une partie de l’épargne ;
  • un choix de supports suffisant, avec des fonds indiciels peu coûteux ;
  • les orientations de gestion pilotée proposées et leur coût ;
  • les frais de transfert, plafonnés par la loi mais à vérifier.

Questions fréquentes

Peut-on perdre de l’argent sur un PER ?

Oui, sur la partie investie en unités de compte, dont la valeur suit les marchés. Seul le fonds euros garantit le capital. La gestion pilotée réduit le risque à l’approche de la retraite, sans le supprimer.

Le PER est-il intéressant si l’on n’est pas imposable ?

Rarement. Sans impôt à payer, la déduction ne rapporte rien, et l’argent reste bloqué. Mieux vaut alors privilégier une assurance-vie ou un PEA.

Que devient le PER en cas de décès ?

L’épargne est versée aux bénéficiaires désignés ou aux héritiers. Pour un PER ouvert auprès d’un assureur, la fiscalité se rapproche de celle de l’assurance-vie, avec une distinction selon l’âge du titulaire au décès (avant ou après 70 ans).

Peut-on avoir plusieurs PER ?

Oui, mais le plafond de déduction est global : il s’applique à l’ensemble de vos versements sur tous vos PER, pas à chaque plan.

Information générale, à jour à la date indiquée ci-dessus : taux, plafonds et règles fiscales évoluent. Cet article n'est pas un conseil en investissement personnalisé ; tout placement non garanti comporte un risque de perte en capital.